ob_84aafa_10282233800800Le téléfilm « un enfant en danger » sera diffusé ce soir sur la chaîne France 2.

J’ai eu le plaisir de voir ce film en avant-première, ce qui me permet de vous livrer mon analyse du point de vue psychologique.

Ce téléfilm est intéressant car il traite du sujet difficile de la place d’un enfant dans une situation de séparation conflictuelle entre ses parents ainsi que du rôle de la justice.

Au début du téléfilm, une jeune femme flic, incarnée par l’actrice Aure Atika, est témoin d’une scène de conflit entre des parents séparés, à propos de leur enfant, qui est en garde alternée.

Cette scène est très tendue entre le père et la mère, ce qui interpelle la jeune femme même si elle reste neutre. Le père lui lance un regard car elle les regarde elle-même avec insistance, mais il semble ne pas la voir.

Plus tard, on découvre que l’enfant et sa mère ont disparu. Le personnage de la femme flic se retrouve par hasard, à devoir prendre en charge cette affaire à la demande du père qui se rend au commissariat pour signaler la disparition de son enfant.

Ce lien du regard avec le père va jouer un rôle sur tout le reste de l’enquête. Le fait également que la femme flic ait été témoin sans le savoir du début de l’enquête va influencer son regard de professionnelle. Le spectateur se rend compte au fur et à mesure que cela rend son travail très difficile vis à vis de cette situation.

Cette femme est pris dans un conflit intérieur qui se produit entre ses ressentis et ce qu’on attend d’elle dans l’exercice de son métier. Ce qui la rend attachante, c’est qu’on sent bien sa difficulté à garder du recul vis à vis de la situation et à agir en cohérence avec ses collègues car elle s’identifie tour à tour au père, à la mère et à l’enfant.

Toute la difficulté à laquelle elle doit faire face, c’est de ne pas prendre parti et de ne pas se laisser happer par ses propres projections personnelles ni par son envie d’aider, de « sauver » quelque part un père, une mère, un enfant.

Tout l’enjeu du film, c’est de savoir comment les personnages de l’équipe des policiers vis à vis de la famille, vont arriver ou non à garder leur place, à rester neutre pour faire appliquer la loi. Comment vont-ils arriver à travailler ensemble en cohérence sans se laisser infiltrer par les confits qui se jouent entre les parents et leurs rapports de manipulation?

Les personnages ont tous un côté profondément humain. Ils sont à la fois forts, fragiles et profondément ambivalents. Ils ressentent tous à différents niveaux une souffrance liée à leurs histoires personnelles, vies familiales, métiers….

La souffrance des parents et de l’enfant déchiré entre ses parents fait écho chez cette femme flic et ses collègues. Ce qui les amènent à chercher à cerner la souffrance d’un père, d’une mère, d’un enfant tout en essayant de ne pas s’y noyer pour faire avancer l’enquête et résoudre l’affaire.

Le film montre aussi combien c’est important de réfléchir à ce que l’on fait et de ne pas foncer dans ces situations si complexes pour garder un positionnement professionnel. Ne pas se laisser envahir par un trop plein d’empathie même si c’est important d’en avoir.

Les questions posés par ce film restent nombreuses :

Jusqu’où on peut se mettre à la place de l’autre?
Quels sont les risques pour soi et l’autre quand on se met à penser à sa place?

Voilà ce que ce visionnage m’a inspiré et m’a donné à penser. L’échange est ouvert.

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